Catherine Arnera
Huile
Du 29 août au 28 septembre 2014
Vernissage le jeudi 28 août 2014 à 17h00
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Deux textes de Catherine Arnera
Parallèlement à la société des hommes, il y a un univers où passent les nuages, où fleurissent les arbres, où toutes les créatures vivent dans l’innocence une existence où nous n’avons aucune part. Il y a aussi la pure beauté, en éléments épars sur la terre, et tout à coup lignes et couleurs s’harmonisent, comme en musique un changement de ton fait vaciller le cœur. C’est le travail du peintre de maintenir ouvertes ces fenêtres fugitives, et de rappeler que si ces humbles choses méritent d'être contemplées, c’est qu’une gloire les recouvre encore, comme une rosée.
Car il y a un autre monde.
Il ne s’agit ni de moi, ni de la peinture. Il ne s’agit que de ce monde au dehors, de son éclat et de son charme, il s’agit de le contempler ... Les courbes d’un coteau, l’ombre des peupliers, les champs d’orge au soleil et les haies d’aubépine : tout parle, tout captive le regard, tout rayonne d’un inexprimable ailleurs ... Le monde nous « ravit » dans le sens premier du mot, il nous arrache à nous-mêmes, nous libère de notre étouffante humanité ... Un tableau, c’est un carnet de voyage, le compte-rendu des heures où l’on s’est quitté soi-même pour communier avec la beauté à sa source. C’est le faible hommage rendu à cette réalité qui nous surpasse, la tentative à jamais incomplète de fixer un peu de cette joie dont nous avons été comblés. C’est une fenêtre ouverte dans le temps, où le cœur en passant s’arrête et se repose, et sourit en reconnaissant un peu de son pays natal.